L'Eurogroupe se réunit jeudi et vendredi pour tenter d’accoucher d'un accord, de plus ne plus improbable, entre Athènes et ses créanciers. Les réunions se suivent et se ressemblent. Après chaque rencontre, chaque mini-sommet, chaque visite officielle... Aucune annonce. Les discussions avancent (au mieux) mais de permettent pas d'envisager le moindre accord entre la Grèce et ses créanciers. Pire, plus elles avancent, plus la crispation semble gagner les deux camps qui refusent désormais de faire des compromis. Droit dans ses bottes, le Premier ministre Alexis Tsipras ne veut pas céder aux pressions de la Troïka pour obtenir des gains substantiels, notamment en diminuant les retraites et en augmentant la TVA. De leurs côtés, les créanciers accusent Tsipras de n'accepter aucune contre-partie aux 7,2 milliards d'euros promis. Et dans ces négociations âpres, le FMI ne veut rien lâcher. D'autant plus que l’institution attend le remboursement de son prêt pour le 30 juin dernier délai. Après cette date, ce sera le défaut de paiement, la faillite de la Grèce. Pourtant, un accord n'a jamais semblé aussi éloigné. "Malheureusement, il n’y pas grand-chose de nouveau à évoquer" reconnaît ainsi Angela Merkel, tandis que la réunion des 19 ministres des Finances européens (Eurogroupe) s'organise jeudi et vendredi. C'est un jeu de poker menteur qui s'organise car le défaut de paiement entraînera probablement la sortie de la Grèce de l'Union européenne. Et les conséquences risquent d'être douloureuses pour les ex-partenaires.