Doha va-t-il être remis au pas par l'Arabie saoudite ? C'est la question que je me suis posé avec quelques collègues, lors d'un séminaire à Efjan en Islande. Et la réponse était loin d'être évidente, au vu des forces en jeu de chaque côté. Pour rappel, le 5 juin dernier, l'Arabie saoudite et plusieurs autres pays ont choisi de rompre leurs liens avec le Qatar, en partie pour sa complaisance envers l'Iran (mais pas seulement pour ça). Ces pays ont aussi adopté des mesures punitives, comme le blocage de leurs frontières terrestres avec Doha ou encore la suspension des vols de leurs compagnies aériennes en direction de cette ville. Ce n'est pas la première crise mettant en jeu ces acteurs. En 2014, trois pays avaient ainsi, pendant plusieurs mois, retiré leurs ambassadeurs du Qatar. Mais sans aller jusqu’à rompre les relations diplomatiques... Apparemment, cette crise aurait été déclenchée par les manipulations de hackers russes. Par ce piratage, Poutine désirait accentuer les divisions entre la Maison Blanche et ses alliés, alors que le Qatar compte une importante base militaire américaine, et que 10000 soldats américains y sont en poste. Le Qatar a en effet annoncé avoir été victime de hackers qui ont communiqué il y a peu (sur le site internet de l'agence de presse) des paroles imputées au Cheikh Tamim Al-Thani. Et la Russie a fait un carton plein avec ces propos inventés de toute pièce : le président américain a approuvé la mise en quarantaine du Qatar par les Emirats. Sean Spicer a cependant indiqué pour sa part que les Etats-Unis souhaitent une désescalade rapide et un rétablissement de la coopération régionale. Ce n'est clairement pas avec un Trump que la situation sera moins compliquée et moins explosive au Moyen Orient ! Soit dit en passant, ce séminaire m'a bien plu. Vous pouvez jeter un oeil au site de l'agence qui l'a mis en oeuvre, si vous voulez avoir des idées de destination. Retrouvez plus d'informations sur l'organisateur de ce séminaire en Islande.