Employé régulièrement par les institutions internationales et les économistes, le concept de soutenabilité de l’endettement public fait référence au fait que le service de la dette accumulée doit être assuré à tout instant. Ceci suppose que l’Etat soit à la fois solvable (i.e. la valeur actualisée de son passif ne doit pas excéder celle de son actif) et liquide (capacité à maintenir l’accès aux marchés financiers), les deux concepts étant évidemment liés. D’un point de vue plus formel, le ratio de dette se stabilise à la période t lorsque le solde primaire (i.e. le solde avant paiement des intérêts) est égal au produit du stock de dette de la période t-1 par l’écart entre le taux d’intérêt moyen sur les titres souverains et le taux de croissance du PIB, tous deux pour la période t et exprimés en valeur nominale (effet dit « boule de neige »). Il en découle une propriété simple : lorsque le taux d’intérêt est supérieur au taux de croissance de l’économie, soit un cas de figure courant, un excédent primaire est nécessaire pour stabiliser la dette, et il est d’autant plus élevé que cette dernière est forte. L’analyse de soutenabilité est régulièrement conduite sous l’appellation de DSA (« Debt sustainability analysis »). Centrée sur la dynamique de moyen-long termes, les projections sont conduites dans deux cadres d’analyse complémentaires : « déterministe » et « stochastique ». Dans le premier cas, un scénario de référence est défini, autour duquel des variantes sont fixées (PIB, inflation, taux…) ; dans le second, les hypothèses varient de façon aléatoire afin de rendre compte de l’incertitude autour de la trajectoire simulée et de raisonner en probabilité (par exemple que l’endettement ne soit pas stable à une date donnée, ou qu’il dépasse un certain seuil). Les résultats sont généralement synthétisés dans un « heat map » pour identifier l’intensité des risques.